Les terres, les ressources, la culture, le travail et les institutions publiques du Sénégal doivent servir la dignité et la sécurité à long terme du peuple sénégalais.

La terre et les droits des communautés

La terre ne se réduit pas à une marchandise : elle porte la mémoire familiale, la sécurité alimentaire, l’identité des communautés et l’avenir des générations à naître. Le Sénégal doit protéger les exploitations familiales, les usages coutumiers, le logement abordable et les droits légitimes des communautés grâce à des registres fonciers transparents, à la consultation publique et à des recours juridiques accessibles.

Les grandes cessions de terres doivent être rendues publiques avant leur approbation, évaluées selon leur intérêt collectif et encadrées contre la spéculation, les déplacements forcés et le favoritisme. Les femmes, les jeunes agriculteurs et les communautés rurales ont besoin d’un accès sûr à la terre, au crédit, à l’eau et aux droits successoraux, afin que le développement renforce les citoyens au lieu de les évincer.

La pêche et le littoral

L’océan du Sénégal doit d’abord nourrir et soutenir les communautés sénégalaises. Les pêcheurs artisanaux ont besoin d’un accès protégé, d’équipements de sécurité modernes, de stockage frigorifique, d’installations de transformation, de marchés équitables et d’une voix décisive dans la politique de la pêche.

Les licences et les accords industriels doivent être publics, limités selon les données scientifiques et strictement appliqués contre la pêche illégale ou destructrice. Reconstituer les stocks de poissons, protéger les zones de reproduction et lutter contre l’érosion côtière sont des obligations de sécurité nationale, car le littoral soutient l’alimentation, l’emploi, la culture et la stabilité des migrations.

Le pétrole, le gaz et les minerais

Le pétrole, le gaz, les phosphates, l’or, le zircon et les autres ressources appartiennent à la nation. Chaque contrat, bénéficiaire effectif, disposition fiscale, redevance, chiffre de production et recette publique doit pouvoir être examiné. Le Sénégal doit négocier avec une solide expertise technique et refuser les accords qui privatisent les profits tout en faisant supporter les risques environnementaux ou financiers à la collectivité.

La participation nationale doit inclure les ingénieurs, fournisseurs, chercheurs et investisseurs sénégalais, au-delà d’une simple propriété symbolique. Une part transparente des revenus des ressources doit financer l’éducation, la santé, les infrastructures, la diversification économique et un fonds protégé pour les générations futures.

La souveraineté alimentaire

La souveraineté alimentaire est la capacité à nourrir dignement la nation, même lorsque les prix mondiaux, les routes maritimes ou les politiques étrangères deviennent instables. Le Sénégal doit développer l’irrigation, la restauration des sols, les systèmes de semences de qualité, les soins vétérinaires, la recherche agricole, les routes rurales, le stockage et l’assurance.

La commande publique peut créer des débouchés fiables pour le riz, le mil, le maïs, les produits horticoles, l’élevage et les aliments transformés sénégalais. Les agriculteurs et les coopératives ont besoin de financements abordables et de transformation locale pour que la valeur reste dans les régions où les aliments sont produits.

L’éducation et les talents humains

La plus grande richesse du Sénégal est son peuple. L’éducation doit associer la formation intellectuelle aux besoins concrets du pays : alphabétisation, mathématiques, sciences, ingénierie, médecine, agriculture, métiers qualifiés, technologies numériques, culture et service public éthique.

Les langues nationales doivent soutenir l’apprentissage et la participation civique aux côtés des langues internationales. Les universités, les centres de formation professionnelle et les employeurs doivent construire des parcours de l’étude à l’emploi, tandis que les bourses et les financements de recherche récompensent la compétence, le service et les solutions aux problèmes du Sénégal.

La culture et la mémoire nationale

Une nation qui oublie sa mémoire devient vulnérable aux récits écrits par d’autres. Le Sénégal doit préserver les langues nationales, les histoires orales, les archives, les lieux sacrés et historiques, la musique, la littérature, l’artisanat et les récits de résistance qui ont façonné la république.

La culture est aussi un héritage moral vivant : dignité, intégrité, hospitalité, responsabilité envers la famille, respect des aînés, protection des enfants et service à la communauté. Ces valeurs doivent se transmettre dans les foyers, les écoles, les médias et les institutions publiques, sans priver quiconque de sécurité ou d’égalité devant la loi.

La protection de l’environnement

L’eau, les forêts, les terres agricoles, les zones humides et la biodiversité sont des biens stratégiques nationaux. Le droit de l’environnement doit s’appliquer aux pollueurs, quels que soient leur richesse ou leurs liens politiques, avec un suivi public et des obligations de restauration.

La résilience climatique exige la prévention des inondations, la protection du littoral, le reboisement, l’énergie propre, les transports durables et une adaptation conçue localement. Les communautés confrontées à l’érosion, à la contamination ou au déplacement doivent participer aux décisions et bénéficier d’une protection équitable.

Un avenir choisi chez nous

Le Sénégal peut accueillir le commerce, le savoir et l’amitié sans renoncer au droit de décider de son avenir. Chaque partenariat doit être évalué selon la réciprocité, la transparence, l’emploi local, le transfert de technologies et les bénéfices mesurables pour les citoyens sénégalais.

Les priorités nationales doivent être débattues et choisies au Sénégal. Les financements étrangers, l’aide ou les pressions diplomatiques ne doivent jamais se substituer au consentement démocratique, à l’autorité constitutionnelle ou à l’intérêt national à long terme.